STEPHANE ROBINEAU CHAMPION DE FRANCE 2017

05/01/2018

Article "Le Journal du Centre"

Stéphane Robineau, champion de France de pétanque en 2017 : « L'aboutissement de ma carrière »

Ils ont marqué l'année 2017, à travers leurs performances. La sélection de la rédaction sportive du Journal du Centre revient aujourd'hui sur la saison de Stéphane Robineau, champion de France triplettes. Mais pas seulement...

« L'aboutissement de ma carrière »

Même loin de son département natal, Stéphane Robineau continue de faire la fierté de la pétanque nivernaise. Le Cosnois, licencié à l'ABC Draguignan (Var), s'est installé parmi les meilleurs sur un échiquier national considéré comme ce qui se fait de mieux sur la planète. Et 2017 a été l'année de la confirmation.

Les temps forts de sa saison ne manquent pas, et en retenir un seul relève du grattage de tête. Enfin, a priori. Car entre, dans le désordre, la Coupe de France et la Coupe d'Europe des Clubs, sa cinquième étoile au Mondial- La Marseillaise, son titre de champion de France triplettes, sa quatrième victoire au Trophée des Villes ou encore la Coupe des Confédérations avec l'équipe de France, Stéphane Robineau n'hésite pas. Pas un instant. « Le titre de champion de France, c'est le summum », avoue-t-il. « Je l'ai déjà dit, mais je le répète, c'est l'aboutissement de ma carrière. »

« On a tout eu : la pluie, le vent et même la grêle »

Soyons taquins. Un aboutissement sous-entendrait qu'il n'y aurait pas de suite. Oups... Le pointeur (ou milieu) rectifie le tir. « Non, non », rigole-t-il. « C'est juste une façon de parler. Je n'ai que 37 ans. Je me donne encore deux ou trois ans au haut niveau, après je compte ralentir. Je ne suis pas seul, il faut également penser à la famille. » Une famille qui s'est agrandie avec la naissance de Louis, le 5 octobre. « Mon plus beau titre (rires). »

De la conquête de son deuxième maillot tricolore (*), au pied du Mont-Saint-Michel, Stéphane Robineau, dit "Roby", se remémore surtout les conditions climatiques. « Un temps exécrable ! On a tout eu : la pluie, le vent et même la grêle. La Bretagne, quoi ! On a composé avec les éléments, même si on n'est pas des robots. »

"On", ce sont ses incontournables coéquipiers et amis, Dylan Rocher, le gaucher bombardier, et Henri Lacroix, le champion du monde de tête-à-tête. « Dylan, je joue avec lui depuis dix-onze ans. Il vient d'en avoir 26 ! C'est comme mon petit frère », explique le Nivernais. « Les résultats, qu'ils soient bons ou pas, n'ont jamais altéré notre amitié. Henri, je le connais depuis longtemps, mais on joue ensemble depuis seulement deux ans. La greffe a pris. De toute façon, si vous mettez les trois meilleurs joueurs du monde dans la même équipe et qu'ils ne s'entendent pas, ils ne feront pas grand-chose... La complicité, c'est notre force. »

Un come-back gagnant
au Mondial-La Marseillaise

Le trio est devenu l'équipe à battre, comme lors du Mondial- La Marseillaise, la grande messe de la pétanque. Un moment fort pour Stéphane Robineau. « C'était notre come-back avec Dylan. On avait fait l'impasse depuis trois ans pour une histoire de sponsors. Moi, j'aurais pu y aller, pas Dylan. Je ne me voyais pas la disputer sans lui. C'était un choix personnel », explique-t-il. « On a survolé le concours en produisant un jeu magnifique. » Avec sa cinquième victoire dans la cité phocéenne (après 2007, 2010, 2012 et 2013), le Cosnois flirte désormais avec les sept couronnes d'Albert Pisapia, le recordman.

Des rendez-vous ratés, des regrets, Stéphane Robineau ne retient même pas le championnat de France doublettes, associé à Michel Hatchadourian. « On a perdu en 16 e de finale, mais contre les futurs vainqueurs ». Des vainqueurs ayant pour noms... Rocher et Lacroix. « On est les seuls à les avoir inquiétés. J'étais content pour eux. »

Alors, oui, il sera difficile de faire mieux en 2018. Stéphane Robineau rêve d'un championnat de monde, comme en 2008 (médaillé de bronze). « Les places sont chères en équipe de France », rappelle-t-il. « La sélection actuelle (LeboursicaudSuchaud-Lacroix-Rocher, Ndlr), on ne peut pas la remettre en cause, parce qu'elle est justifiée. Si j'y crois encore ? Oui et non ! D'un côté, je me dis que je pourrais être récompensé de mes résultats. De l'autre, Philippe Quintais a effectué son retour... Ça réduit les chances, mais si l'opportunité se présente, je serai très heureux. »

En attendant, sa seule certitude réside dans la constitution de son équipe pour la saison prochaine. On prend les mêmes et on recommence... « On continue ensemble. » Le contraire aurait été surprenant...

(*) Stéphane Robineau a remporté le championnat de France doublettes en 2011 avec Dylan Rocher.

Yannick Borde